samedi 11 juin 2011

Patricia, Pat, notre collègue, notre amie

L'hommage écrit par une collègue, amie de Patricia

Patricia, Pat, notre collègue, notre amie,
 
Tu viens de nous quitter nous laissant dans la peine. Tu t’es endormie bercée par l’amour de ton époux et de ton fils et l’affection de tous tes amis. Patricia, nous qui sommes ici, nous te portons dans nos cœurs. Nous avons assisté à ton combat contre la maladie. Tu n’as jamais renoncé. Tu étais lucide, digne, courageuse et jamais dans la plainte. En cela, tu nous as aidés et nous t’en remercions.
 
Malgré la tristesse qui nous étreint, nous souhaitons garder l’image d’une amie pleine de vie et d’une immense richesse.
 
Si je m’adresse à toi aujourd’hui, Patricia,  c’est parce que tu me l’as demandé, il y a longtemps déjà, me donnant là une preuve de confiance et d’amitié.
Permets-moi donc de rappeler les années où nous t’avons connue.
 
Il y a bientôt 14 ans tu arrivais à Passy, du collège Sainte Geneviève à Asnières. Très vite tu as trouvé ta place au CDI, documentaliste efficace et avertie,  possédant un grand sens de la pédagogie et  maîtrisant parfaitement la littérature jeunesse. Ton professionnalisme, tes connaissances, le regard critique, souvent original que tu portais sur cette littérature nous ont été précieux.
Tu  tissais des liens proches avec les collégiens qui aimaient échanger avec toi et malgré le nombre d’élèves qui nous rendent visite au CDI, tu te souvenais le plus souvent de leurs prénoms.
Avec les autres documentalistes, nous nous sommes côtoyées professionnellement et peu à peu sont nées l’amitié et l’affection.
Durant toutes ces années, nous avons découvert une femme passionnée par tant de sujets !   Jules verne, Alexandre Dumas, le  cinéma, les bandes dessinées, la danse, la poésie, les musées, les expositions, les promenades, rien n’échappait à ton inlassable curiosité et à ta soif de découvrir et d’admirer tant d’expressions de la beauté.
 
Tu avais bien d’autres passions : ainsi tu as participé à la rédaction d’une revue littéraire, « encres vagabondes », pour laquelle tu écrivais des critiques. Tu as ensuite activement travaillé pour divers sites de littérature pour la jeunesse où tu commentais les nouveautés, de ton regard incisif et avec un  style qui n’appartenait qu’à toi.
 
Enfin, depuis quelques années, tu tenais un blog où tu confiais tes élans, tes coups de cœur, tes révoltes. Parce que, ne nous y trompons pas, tu avais un sacré caractère - et le sens de la justice. Ainsi, entre autres, tu étais un vibrant défenseur de la condition des femmes.
 
Et puis, tu avais un secret, longtemps caché, que tu nous as un jour révélé : tu écrivais.
Malgré la maladie, les hospitalisations, tu t’es acharnée à enfanter ces mots qui te venaient. Et l’été dernier, tu as eu la joie de te voir éditée.
 
Ces textes sont à ton image, sensibles, poétiques, drôles, parfois grinçants, toujours au plus près de l’être.
Nous avions parlé ensemble du titre de ton livre : La kermesse. Même si la teneur de la nouvelle concernée n’est pas celle-là,  ce mot évoque l’image joyeuse de la fête, le manège tournoyant de la vie, le silence et la nostalgie  quand la musique s’est tue.
Au fil des pages, la vie et la mort se côtoient à la fois avec légèreté et gravité. L’enfance, la vie qui va, les émotions fugitives, la force du destin y sont saisis - photographies couleur sépia, nettes, ciselées et en même temps empreintes d’une grande humanité.
Ces mots nous restent de toi Patricia,  je crois que c’est ce que tu souhaitais.
 
Patricia, tu sais maintenant le Mystère.
De tes yeux clairs tu contemples la lumière,
Repose- toi, tu as si bien lutté.
 
Adieu Pat, on t’aime.
 
Merci pour elle...
 

5 commentaires:






  1. Merci Louis de nous partager ce magnifique témoignage, comme elle était aimée !!!


    Pensées pour toi et ton fils.


    Amicalement

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  2. Oh je suis désolée... J'ai été bouleversée de lire cet hommage... En un instant, on se rend compte qu'un être merveilleux est parti. Ta douleur et ton chagrin doivent être immenses... ainsi que
    ta famille... Tous les mots sont vains, face à cette douleur, mais ils sont là, malgré tout...... Pour ceux que j'ai perdu et que j'aime du plus profond de moi, j'aime croire qu'il y a un autre
    univers, merveilleux, quelque part en lien avec le nôtre... et que l'amour et le souvenir ne meurent jamais.............. car tout ne peut pas finir, c'est impossible ! Amicalement.

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  3. Je te fais des gros bisous Louis ... j'espère que tu vas bien ... christel

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  4. Oui, j'ai tout lu, tous les hommages et j'ai retrouvé le blog de LLT, j'ai été très touchée et surtout par ton texte... J'ai commencé à écrire un commentaire et après tous tes mots, aucun des
    miens ne semblait approprié, alors j'ai préféré ne rien écrire, juste ce commentaire où tu me réponds... Les mots sont si vains face à la fatalité et à la douleur... Mais si tu veux que je te
    dise, j'ai trouvé ton texte poignant, car tu as su décrire ton épouse, mais une femme par dessus tout, malgré ta douleur... J'ai lu l'amour, mais au dessus de tout, j'ai lu l'estime et
    l'admiration que tu lui porteras toujours... et çà c'est vraiment beau... Je n'ai pas pu écrire, après t'avoir lu, tu vois... Je te le dis maintenant, que tu m'en parles... c'est plus facile pour
    moi... Je suis désolée, que la fatalité te prive de tout çà........ et même si les mots suivants sont facilement dits, je te les écrits avec sincérité... je suis de tout coeur avec
    toi........ 

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  5. Un hommage si fort et émouvant comme j'aurais aimé en écrire ... où qu'elle se trouve, Patricia a du être émue aux larmes en lisant ces mots !!!


    Mon texte Départ précipité a tenté la même percée mais n'attend une telle puissance des mots ... je suis admiratif !!!


     


    Un grand bravo !!!

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