mercredi 25 janvier 2017

Comment ça va ?

Delphine Jory alias Ladyblogue avec son article "BONNE ANNÉE, BONNE SANTÉ, CASSE-TOI LA GUEULE DANS L’ESCALIER" m'a rappelé un échange avec un collègue suite à la question "comment ça va ?" sujet de ma prose du jour.
Dans son article, Delphine associe les voeux à, je cite :
C’est comme les « Comment ça va ? » lancés machinalement, à force, tu ne les entends plus.

Et depuis sa lecture j'ai longuement pensé à cette question (vous ne trouverez ici pas mon avis sur les voeux, peut-être pour une autre fois). Je ne vais pas disserter sur la phrase, on peut en effet se poser la question si c'est le complément lancés machinalement qui entraine que tu ne les entends plus, mais personnellement je n'ai jamais lancé machinalement ce genre question, c'est comme pour les bonjours, tu serres la main et tu regardes ton interlocuteur, comme ça tu peux te faire une idée précise quant à la sincérité de la réponse.

J'ai eu le droit un jour à une réponse du genre qu'est-ce que tu en as à faire ? (peut-être même avec des mots plus crus), mais comme j'en avais vraiment quelque chose à faire, dans la mesure où je le voyais passer tous les jours devant mon bureau la tête basse aux heures fixes d'arrivée et de départ, un peu d'empathie ne risquait pas de lui nuire.
Cadre supérieur en fin de carrière mis au placard, après quelques jours j'ai fini pas comprendre les raisons de son côté désabusé mais surtout ai eu l'occasion d'en apprendre beaucoup quant à l'expérience à l'international de la société où je travaillais... Cette simple question a permis un échange riche qui s'est poursuivi jusqu'à son départ en retraite.

Pour le bonjour c'est identique, on travaille ensemble on a le droit de souhaiter un bonjour, et si on a affaire au dernier des pourris, on a aussi le droit de l'ignorer, ce que j'ai eu l'occasion de faire en public, même si je n'en suis pas forcément fier (mais qu'est-ce que ça fait du bien de se défouler...).

Les hôtesses de caisse sont souvent victimes du mécontentement des usagers, que ce soit en grande surface ou à la cantine. Elles sont obligatoirement responsables de la queue, voire des erreurs... Personnellement je les ai toujours respectées et souvent questionnées avec un comment allez vous ? car le tutoiement n'est pas forcément immédiat... Mais si le bonjour a toujours été donné même la première fois, s'enquérir du comment ça va nécessite un peu plus, c'est une étape supplémentaire dans la relation.
J'ai toujours été récompensé par le sourire se dessinant sur le visage quand on m'apercevait dans la file d'attente...

Sur le sujet j'ai aussi appris que les équipes d'entretient du métro procédaient à un tour de salle à la prise de poste pour saluer tout le monde en l'appelant par son prénom, rite important et suivi par tous. La cohésion du groupe c'est aussi important.

La dédicace de Wolinski (qui m'était adressée en 1987) mise en ligne lors de son anniversaire en 2007 me semble tout indiquée pour illustrer cet article.

dédicace Georges Wolinski


Dans l'article original j'écrivais Wolinski : on aime ou on aime pas… Dans l'article Je suis Charlie je concluais ça ne va plus... et moi non plus.

L'année 2015 commençait mal et même si on ne peut pas vraiment constater une amélioration depuis il ne faut pas pour autant ne pas voir les bonnes choses de la vie, dans la définition du bonheur je revenais sur le sujet.

Au chevet de mon épouse, quand je m'inquiétais sur comment elle allait, même si la fin était certaine, c'était sincère et la réponse allait générer une action de ma part (que ce soit un besoin ou une envie exprimée, j'étais d'ailleurs là pour ça), ce n'était donc sûrement pas un "Comment ça va ?" en l'air.

Si la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible (dixit Woody Allen), sachant que quand on est mort c'est pour la vie... autant profiter du temps présent pour aimer ceux que l'on aime et pour s'enquérir du bien être de nos proches.

Le principal réside dans l'utilisation à bon escient de la question... 

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