mardi 10 mars 2009

A propos de l'expérience de Asch

L’expérience de Asch et ses résultats devraient contribuer à bousculer notre intellect et nous inciter à bien peser puis savoir défendre nos convictions face à un certain conformisme.

L’expérience en question est conduite de façon similaire à celle de Milgram… mais avec plus d’acteurs.

Vous êtes parmi d’autres cobayes soumis à une expérience sur la vision : placés dans une  salle, on vous projette 2 images avec sur la première une barre verticale et juste à côté une seconde image avec 3 barres de longueurs différente.


La question semble simple : quelle est sur l’image de droite la barre A, B ou C qui est de même longueur que celle de l’image de gauche ?

J’espère que pour vous la réponse est évidente. Si vous avez été placé de façon à répondre en premier… vous énoncerez la bonne réponse.

Par contre, si vous êtes en avant dernière position et que l’ensemble du groupe est de connivence et donne une réponse erronée, mais tous la même, serez vous à même de défendre ce que vous pensez être la réalité ? Aurez-vous confiance dans votre jugement ?

On se sera gardé de vous mettre en dernière position : la supercherie serait peut-être trop visible…

Les expérience menées dans ces conditions donnent le vertige : plus d’un tiers des personnes testées se rallient à la réponse du groupe, d’ailleurs près de 75 % se rallient au moins une fois…

Le test est trop simple, on ne vous la ferait pas ! Ceci concerne les autres, pas vous.

Mais en êtes-vous si sûr ?

Est-il possible d’avoir raison contre l’avis de tous ?

Expérience pas toujours facile à vivre, mais qui a le mérite de pouvoir tester votre propre confiance en vos convictions.

Les us et coutumes depuis notre plus jeune âge sont là pour nous guider vers un certain conformisme.
Les valeurs morales enseignées tant dans notre jeunesse ou apprises lors de notre confrontation avec la dure réalité sont des socles a priori robustes (quoique l’expérience de Milgram montre les limites dues à la soumission à l’autorité).

Mais pour le reste, qu’en est-il de la confiance que nous avons quant à nos raisonnements, résultats d’observations ou d’analyses ?

En réunion, vous ne partagez pas l’avis du groupe sur la solution à mettre en place… qu’allez vous faire ?
Le pilote énonce une contre vérité (du moins j’en suis convaincu, j’ai même les arguments pour le démontrer), vais-je le laisser continuer sur sa lancée ?

J’ai souvent entendu :
- ce n’est pas politiquement correct,
- c’est le chef donc il a forcément raison,
- ce n’est possible, l’informaticien nous a expliqué que…

J’aime bien d’ailleurs cette dernière réplique.
L’informatique est enseigné à l’école et comme c’est le cas pour toutes les autres matières, certains en ont oublié les fondamentaux : ils devraient comprendre non pas ce n’est pas possible mais nous ne voulons pas (certains ont tous les éléments pour juger de la pertinence de la réponse).

La bonne question à se poser : si c’était mon argent, est-ce que j’accepterai de mettre en place cette solution ?

Je ne sais pas votre avis sur la question, pour ma part, comme j’aime le répéter souvent, j’ai mon avis et je le partage… et continuerai à faire comme d’habitude !

Conformisme ? L’internaute propose comme définition : « Soumission aux usages, aux règles morales communément admises. »  Il y a sûrement un rapport…

Anticonformiste : Opposé au conformisme, aux usages établis anticonformisme.

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