mercredi 27 juillet 2016

A propos des événements de Nice

Ou plus précisément de la démesure dans le politiquement incorrect !

Depuis le 14 juillet dernier un esprit averti ne peut pas rester indifférent au flot d’information parvenant via les réseaux sociaux.
Je ne pensais pas en publiant les trois passoires de Socrate avoir à en reparler suite à des évènements dramatiques, mais près de deux semaines après le drame, c’est un carnage politico médiatique auquel on est soumis.

Ainsi va la vie, par exemple Facebook a comme ambition que tout un chacun reste connecté en permanence sur son site et chacun y va de son tempo pour partager un maximum d’informations sans même les avoir vérifiés !
Le cas de la restauratrice de Nice lynchée sur les réseaux en est un exemple hélas pas isolé.
Personnellement j’avais alerté et permis modestement de supprimer un partage : le test de la vérité et de la bonté ayant échoué, l’utilité de l’information dépendant du point de vue… mais au moins celui qui partageait n’y gagnait rien.

Tout n’est que question de point de vue.

Manifestement nos politiques, au mépris des victimes, ont déjà les prochaines élections dans le viseur et n’ont pas peur de raconter n’importe quoi. 
Selon cet éclairage il est évident qu’il faut charger le gouvernement actuel faisant fi de la solidarité indispensable dans ces moments difficiles.

Pour les médias, c’est la chasse à l’audience (d’ailleurs il m’a semblé que certaines chaines ont dû présenter des excuses suite à des diffusions irréfléchies).

Bien que n’ayant pas suivi dans le détail toute l’affaire, certains discours m’ont révolté et incité à publier sur le sujet dans ce qui aurait pu être une rubrique GL n’est pas content. 
Mais ce sera à la rubrique management que je raccrocherai les quelques remarques qui vont suivre, bien entendu il y a aussi de l’éthique, mais ça allait de soi.

Pour la rubrique plan d’actions et qualité, le gouvernement est en bonne place : 
  • le 14 à midi on précise que l’état d’urgence n’est plus nécessaire car maintenant l’ensemble des textes promulgués permet de gérer la situation, 
  • après le drame survenu pendant l’état d’urgence (il convient de le rappeler) on décide de prolonger cet état qui n’avait pas permis de l’éviter. 

Effectivement un expert en communication et un qualiticien trouveraient des arguments pour ramener à la raison nos politiques, j’espère cependant que cette décision n’est pas justifiée par un retour de congés qui risque d’être difficile du côté social.

Sur cette même rubrique, à la question : "pourquoi le camion pouvait rouler alors que c’était interdit ?", j’ai entendu tout et n’importe quoi, en particulier que la rue était bien barrée mais qu’il avait emprunté le trottoir !

Pourquoi est-ce grotesque comme réponse ? 

La chaussée est réservée à la circulation des véhicules et le trottoir aux piétons… 
Bloquer la circulation ce n’est pas bloquer la chaussée car n’importe qui a déjà vu l’art de contourner les obstacles.

On bloque la rue à la circulation donc on s’assure que rien ne passe. 

J’ai vu une vidéo sur des plots escamotables arrêtant un 38 tonnes, la cabine s’enroulant autour du plot poussé par la remorque, le plots toujours fonctionnel après cet exploit, ça aurait été un bon investissement.

Un bon plan d’actions aurait peut-être été d’avouer que les procédures de protection étaient perfectibles et qu’on allait donc les revoir. 
Ceux qui ont vu « Coup de tête » avec Patrick Dewaere comprendront la notion de vérifier la protection de la vitrine par le patron du garage.
Si les responsables manquent d’idées pour faire une analyse de risque je leur suggère de regarder les derniers films d’action en particulier la « Chute de la Maison Blanche » et la « Chute de Londres » afin de vérifier combien de temps auraient tenu leurs standards de protection.

Pour "la solution du lance roquette", le Gorafi m’a eu de vitesse quant à l’analyse de cette proposition inconsidérée (d’ailleurs dans la démesure, la promenade étant face à la mer, pourquoi pas un porte avions avec des roquettes en batterie ?).
L’analyse du texte du Gorafi mettra en évidence quelques idées de risques manifestement non pris en compte par le brillant politicien. 

Peut-être qu’un simple tireur d’élite bien placé pour surveiller la place aurait été efficace, le nombre d’impacts sur le pare-brise mettant en évidence une source de progrès potentiel  quant au maniement des armes (autre action possible dans le plan post attentat).

A propos des effectifs des forces de l’ordre, il semblerait que comme pour le financement de sa campagne, notre ancien président ne devait pas « être au courant » qu’il avait lui même fait les dégâts que le gouvernement actuel a à gérer… mais bon comme précisé plus haut, la campagne est déjà commencée et comme les électeurs ont peu de mémoire ça vaut le coup d’essayer. 
Nota : l’article du Monde Après Nice, Nicolas Sarkozy entre intox et postures martiales démontre qu’il n’y a pas qu’au Gorafi qu’il y a des journalistes compétents..

La palme revient à la vidéo surveillance qui si elle avait été déployée à Paris comme à Nice l’attentat de Charlie Hebdo n’aurait pas pu avoir lieu, les deux frères auraient été appréhendés avant de passer à l’acte (peut-être pas les paroles exactes) mais pour ce qui est de l’identification d’un véhicule, ce n'est pas possible du fait des nombreuses dérogations !!!

Encore une affirmation inexacte et la preuve d’une mauvaise gestion des dérogations.
S’il y a dérogation comment est-ce géré ? 
Le véhicule doit forcément avoir les autorisations, un document a été édité et géré, quelque part on peut donc disposer de la liste des véhicules identifiés par leur plaque, le type (marque, modèle) et pendant qu’on y est la couleur pour permettre aux personnes en charge d’authentifier directement le véhicule sur une vidéo surveillance et donner l’alerte en cas contraire (voire l’identification automatique… mais c’est une autre option).. 
Objet singulier (normalement il ne doit pas y en avoir tant que ça car la règle c’est "pas de camions") c’est rapide de les contrôler tous, et comme les attaques avec des véhicules c’est connu depuis longtemps (sic les attaques meurtrières des ambassades), on y prête forcément attention.
En résumé il est bien inexact de dire qu’il était impossible d’identifier le véhicule.

Mais peut-être que l’auteur de ces phrases a lui aussi son avenir politique en jeu et que l’attaque est la meilleure défense. (Après un tel carnage je pense que le responsable en charge de la sécurité devrait démissionner).

Une chose est sûre, la publicité faite autour de toutes ces affaires permet à des inconnus de devenir célèbres, l’EI n’a pas besoin d’investir dans la communication, les journaux font ça « gratos » (fut un temps toutes les actions rapportées par tous les journaux ont permis à un inconnu à la tête d’un petit parti de faire sa propagande et de se faire un nom, même au prix si nécessaire de quelques incarcérations, mais ça les rédactions semblent l’avoir oublié, il est vrai que c’était en Allemagne avant la dernière guerre) et si certains sont en manque d’inspiration, ça peut même leur donner des idées.

De ce dernier côté, j’aimerai bien avoir le plan d’actions des comités de rédaction pour luter contre cette surenchère médiatique et permettre de couvrir les autres sujets, mais ça c’est une autre histoire…

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