jeudi 15 mars 2018

SNCF, service public et fake news

Devant mon écran à regarder le 24h Pujadas, l'info en questions - E. Macron vs cheminots : une bataille inéluctable ? du 14 mars 2018, du 14 mars 2018, j’ai eu l’occasion de constater, un manque de rigueur et le maniement fallacieux de chiffres par chacun pour argumenter sa position ou son projet.

Ce que j’en retiens, ça reste la mauvaise foi des participants sur le plateau, le représentant syndical, conducteur de train, semblant le seul attaché à ma notion de service public… 

photo d'un train de marchandises

Pour en revenir au fond du problème :

1) les fakes news, un des prochains dossiers semble-t-il du gouvernement, ont été utilisées à outrance par les défenseurs du projet de casse du service public, les chiffres dans les esprits étant bien loin de la réalité, les avantages "pensés" nettement supérieurs à la réalité.
2) Pour ce qui concerne le statut, on annonce le surcoût en pourcentage de la masse salariale par rapport aux voisins, rien par rapport au déficit déclaré. J’aimerai qu’on me détaille le gain attendu sur le déficit de la modification du statut. 
Je pense que le combat porte essentiellement sur la volonté, comme en Angleterre  Thatchérienne, de casser un des derniers bastions syndiqué et de montrer la détermination et l’efficacité du gouvernement. 
3) La politique du gouvernement c’est plus d’état là où il faut et moins dans le cas contraire… Ce rappel du député LERM aurait mérité d’être assorti d’un rappel de ce qu’est le service public, donc là où il faut de l’état. 
Les hôpitaux ça coûte, la police aussi d’ailleurs, et à ma connaissance ça ne rapporte pas (sauf quand l'objectif est de rançonner les automobilistes mais là c'est un autre débat). Transporter les personnes et assurer la continuité territoriale ça c’est du service public, sauf preuve du contraire.

Bref, chaque fois qu’on me parle de rentabilité du rail, j’ai en mémoire un article (*) qui racontait, en encart, l’histoire d’une petite ligne pas entretenue où circulait un train de marchandises desservant une usine en bout de ligne.

Compte tenu de sa vétusté, la limite de vitesse était de 30 km/h mais ça n’empêchait pas le service qui, à cette vitesse, était tout à fait conforme aux exigences de sécurité.

Après négociation avec les autorités compétentes sur la suite à donner, rénover ou fermer, la décision a été de fermer, un seul client ? Vous rêvez, on va prendre la route ce sera plus simple.

Résultat c’est un convoi de camions qui traversait alors la ville, ce pour économiser la réhabilitation du rail. 

Quelle conclusion et pourquoi citer cette histoire que j’ai en mémoire depuis 10 ans ?

Dans le débat actuel, il est vrai que cette ligne n’était pas rentable, le transport routier plus simple à gérer, d’ailleurs puisque ce ne sont pas les sociétés de transport qui payent la réhabilitation des routes (dans l’équation économique c’est toujours oublié) pourquoi s’en soucier ? Les camions traversent la ville, d’où nuisance, on fera donc une déviation ou encore plus simple on demandera à l’usine d’aller s’implanter ailleurs…

Au passage, vous ne vous êtes pas inquiétés de la nature des marchandises concernées, il s’agissait bien entendu de gaz, ça rajoute au côté causasse de l’affaire.

En rentrant la semaine dernière de Douai par l’autoroute du nord et ce de nuit, cette histoire m’est revenue en tête quand, doublant une file ininterrompue de camions, j’ai été moi même doublé par le TGV dont la rame était nettement plus courte que la file de camions.

Ca fait longtemps que le fret ferroviaire a été ouvert à la concurrence et c’est le transport routier qui est sorti gagnant, la quantité transportée par rail ayant été divisée par 2 si j’en crois les débatteurs… mais ce n’est pas le débat n’est-ce pas : l’Europe a décidé d’ouvrir à la concurrence, alors il faut y aller coûte que coûte.

Quid du financement des lignes pas rentables ? 
Ben, il suffit de les fermer, on mettra en place des lignes de bus, transport évidemment « plus sûr » et « moins polluant » (on prendra bien entendu en exemple pour comparer le cas de la ligne desservie par une motrice Diesel pour transporter 10 voyageurs)… et comme j’écrivais plus haut, puisque ce ne sont pas les entreprises de transport qui refont les routes, c’est plus facile de faire du bénéfice…

Tout ça ne présage rien de bon pour l’avenir. 
C’est un choix de société et pas forcément le mien. Non, l’état ne se gère pas comme une entreprise !

Par ailleurs, rapporter ce que coûte un service par habitant en omettant de le comparer à ce que coûtent d’autres services s’appelle manipuler l’opinion, j'y reviendrai ultérieurement dans la mesure où ce chiffre n'a pas été annoncé lors de cette émission.

(*) article que j’ai lu en 2008 dans un journal posé là dans une salle d’attente et que je n’ai malheureusement pas retrouvé en cherchant sur le net. Si vous connaissez l'histoire merci de me faire suivre que je mette à jour cet article

2 commentaires:

  1. Bien d'accord avec toi mais hélas le plan, il faut suivre le plan. Me viens à l'esprit en lisant cela, la reconstruction des lignes de tramway, détruites auparavant... Là on régresse sur tous les plans... Vive l'Europe et ses technocrates... Je ne voudrais pas avoir 20 ans en tout cas, je suis sans doute un dinosaure d'un autre temps en voie d'extinction aussi... Le peuple est lobotomisé, c'est la fin doucement de la civilisation, comme toutes celles qui nous ont précédées... Amitiés

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    1. Tu n'es pas le seul dinosaure : bienvenu au club !

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