jeudi 19 avril 2018

A propos d’accessibilité

Connaissez vous l’accessibilité ? 

L’objectif de faciliter aux personnes en situation de handicap le quotidien, voire de leur permettre une vie ordinaire est en soi un objectif dont on ne saurait critiquer la finalité.

Ceci précisé, il me semble qu’il y a des limites qu’il convient de ne pas dépasser pour ne pas devenir des extrémistes sur le sujet.

Permettre aux malvoyants d’accéder aux sites web pour trouver une information, voire se divertir est une chose, imposer que tous les sites web leur soient accessibles en est une autre. 

Par exemple si une page web fait la promotion d’un site touristique à l’aide de photos faut-il que toutes les photos en ligne soient « accessibles » ? 

Pour les formations, il en va de même. 

Historiquement certaines formations étaient diffusées à la radio… Apprendre une langue peut très bien se faire de façon orale et à distance. 

Mais certaines matières seront soit difficiles à enseigner (voire de façon beaucoup plus longue) soit impossibles. 

Si l'on s'intéresse à la police scientifique, la recherche d’indices et leur analyse ne sera pas faite par une personne en situation de handicap visuel a priori. Par contre il n’est pas dit qu’une personne en situation de handicap ne sera pas utile à la résolution d’une enquête. 
Permettre l’accès à un emploi dans une entreprise est une chose, le généraliser à tous les postes en est une autre.

Lors d’une intervention en salle, comme promus sur ce blog au travers des articles sur PowerPoint, une présentation adaptée à son auditoire et surtout complétant le texte oral par des images aide à la compréhension et à la mémorisation des messages. 

Il va de soi que cette construction n’est pas « accessible » aux déficients visuels, mais est-ce raisonnable de mettre dans la même salle un public non homogène ?

S’adresser à tous les français pour des élections, par exemple, implique l’accessibilité du message, d’où le texte dit lentement, traduit en langue des signes et dont les images pour illustrer seront limitées et non indispensables à la compréhension du message.

Former un public cohérent avec des prérequis clairement définis, dont éventuellement l’information « non accessible » permet une diffusion optimisée et ne devrait pas être interdite sous couvert de « non accessibilité ».
Image mettant cote à cote une image de l'escalier et une définition

Dernièrement lors d’un échange je prenais en exemple qu’une image d’escalier en colimaçon était beaucoup plus explicite qu’un descriptif textuel du même objet (un petit dessin vaut mieux qu’un long discours comme chacun a déjà dû l’entendre), ce à quoi on m’a rétorqué que c’était pourtant faisable. Certes, on peut toujours le dire, mais pour faire quoi ? 

Personnellement si j’avais à remplacer des images par du texte (*), pour faire ce travail de conversion je ferais appel à des personnes du groupe cible de façon à être certain que ce serait fait de manière optimale. 
Mais ceci aura, dans tous les cas, un impact sur le délai de mise en ligne et sur le coût de production. 

Imposer, c’est comme pour les accès dans les magasins non accessibles aux fauteuils roulants : vous avez x mois pour vous mettre en conformité. Si la boutique est trop petite, que le fauteuil ne pourra pas rentrer même s’il y avait une rampe d’accès, qu’à cela ne tienne, c’est votre problème… et c’est comme ça que le commerce n’aura plus qu’à fermer. 
Par contre on n’imposera pas que les trottoirs soient accessibles, là il s’agit d’argent public (imaginez l’aspect cocasse du bar situé à 2 marches du trottoir à qui on impose une rampe afin que les fauteuils qui n’auront pas pu monter sur le trottoir puissent accéder à son commerce !).

Décisions technocrates, toutes les exceptions impératives sont difficilement identifiables, mais dans la vie de tous les jours les personnes en situation d’exception ne sont pas protégées, tant pis pour elles.

En conclusion, l’exemple des jeux olympiques et paralympiques montre que les participants ne sont pas tous forcément dans la même catégorie et que toutes les épreuves n’ont pas été rendues « accessibles ».

Certaines matières peuvent donc faire l’objet d’une sensibilisation à l’attention des personnes en situation de handicap, ce serait même à promouvoir, mais imposer que tous puissent participer à toutes les formations serait à mon avis contreproductif, voire alimenterait les rancunes entre les personnes.

C’est mon avis donc je le partage !

(*) la définition proposée dans l'illustration suppose connues les définitions d'hélicoïdal et d'escalier ! L'image porte en elle beaucoup plus qu'on ne saurait imaginer.

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