lundi 3 octobre 2016

Faites vous dépanner, pas arnaquer

La DGCCRF, encore un acronyme, a lancé une campagne de sensibilisation contre ces prospectus d'aspect "officiel" déposés dans les entrées d'immeubles ou chez certains commerçants. 
La consigne est claire : surtout ne pas utiliser ces numéros de téléphone.

Faites vous dépanner, pas arnaquer

Pourquoi aborder ce sujet maintenant ? 
Cela va faire maintenant un certain nombre d'années que j'emmagasine ces petites plaquettes qui enrichissent régulièrement non seulement le contenu de votre boîte aux lettres mais aussi tous les coins possibles, voire impossibles, de votre hall d'accueil d'immeuble.
Pourquoi "voire impossible" ?
Comme chacun sait, impossible n'étant pas français, les distributeurs de ces plaquettes ont plus d'un tour dans leur sac pour essayer de maintenir l'affichage de ces dernières pour que justement quand vous serez en difficulté, perte de clé, fuite d'eau, panne d'électricité ou que sais-je d'autre misère, vous ayez sous les yeux le numéro utile pour vous délester de vos soucis et de vos économies par la même occasion.

J'en ai vu coincées dans les boîtes à noms, ces panneaux prévus pour identifier les habitants par étage devenant ainsi des panneaux publicitaires pour ces enseignes, collées en haut des vitres des portes d'entrée, sur les panneaux d'affichage d'informations (pouvant laisser entendre que c'est d'ailleurs aussi confirmé par le syndic), tout cet affichage sauvage ne venant que polluer votre entrée.
Mais j'en ai vu aussi dans les boîtes à clé de secours pour le gaz, sur les panneaux d'indication du plan de sécurité de l'immeuble (avec emplacement des vannes et canalisation), derrière les tableaux électriques, là c'est carrément dangereux, il faudrait prévoir un délit associé à ce type de pratique (il serait temps que le législateur se penche sur le sujet). 
Par exemple pour les boîtes à clé de secours, dans une boîte de couleur rouge dont il faut casser la vitre pour accéder à la clé, c'est inconscient de la part du distributeur de ces prospectus (un jour je suis tombé sur une équipe de distribution et j'ai attrapé le responsable qui a passé quelques minutes à retirer la plaquette qui dépassait encore un peu).

Enfin, pour l'anecdote, j'en ai même vu une coincée derrière une plaque de nom de rue. Il n'y a pas de limite à l'imagination : je suppose qu'au cas où quelqu'un perde ses clés de voiture en pleine rue il serait content de tomber sur la plaquette ! (*)

Personnellement dès que j'en voie une je l'enlève, voire je colmate si possible l'ouverture ayant permis de passer la plaquette (et recommence aussi souvent que nécessaire). 
"Plaquette killer", ça me va bien comme autre surnom que BGL...

L'idée de ma collection de plaquettes (même en double quand récidive) était de lister les méthodes utilisées pour attraper les pigeons (en quantité et en mode de communication) et d'en faire un article.

La DGCCRF a lancé sa campagne avant que j'aie terminé mon article, je vais donc juste me contenter de rebondir sur leur campagne.

Les 10 conseils pratiques de la DGCCRF 

  1. Faire attention à ces documents pseudo officiels : la liste des variantes est longue, il y a de la couleur Bleu Blanc Rouge, du "RF", des sigles officiels.... Je suis même tombé sur un exemplaire utilisant le logo de l'artisanat. J'ai essayé de les contacter via leur site web, mais je pense qu'il n'y a personne pour lire les demandes postées via "contact". J'avoue ne pas avoir consacré beaucoup de temps au sujet mais je suis déçu, surtout après la campagne nationale qu'ils ont passée dans les médias.
  2. Anticiper et élaborer sa propre liste de numéros d'urgence : tous les numéros d'intervention sont noyés au milieu des numéros de secours ajoutant à la confusion possible. Trouver un numéro pour les fuites entre le centre antipoison et les pompiers est en effet une bonne méthode (car ne vous trompez pas, les numéros sont surtout utiles pour ces sociétés de services afin d'amortir en une seule intervention les frais d'impression et de distribution des toutes ces plaquettes).
    Nota : sur une plaquette j'ai même vu laisser de la place pour le numéro de Papa et le numéro de Maman... C'est effectivement un bon attrape-nigaud !
  3. Privilégier toujours des professionnels identifiés : si vous n'en connaissez pas, utilisez déjà ceux qui interviennent pour la copropriété. Bonne raison d'ailleurs pour aborder le sujet en réunion de copropriété et numéros à ajouter sur votre liste établie en 2.
  4. Ne pas accepter de réparation sous prétexte que ce sera pris en charge par votre assureur : faites plutôt l'inverse, contacter votre assureur pour lui signaler le soucis et là il vous enverra le bon intervenant et  vous serez fixé quant à la prise en charge.
    Le numéro de l'assistance de votre assurance devrait d'ailleurs figurer en bonne place sur votre liste de numéros utiles
  5. N'accepter que les travaux d'urgence, le reste pourra être fait ultérieurement et avec appel d'offre... Donc après plusieurs devis !
  6. Demander un devis avant toute intervention, ne rien signer de démesuré.
  7. Faire jouer la concurrence si devis pas clair ou trop élevé... Même en cas d'urgence il ne faut pas accepter n'importe quoi.
  8. Conserver les pièces remplacées... Important en cas de litige
  9. Déposer un double des clés chez une personne de confiance : la moindre des choses pour éviter de devoir enfoncer une porte.
  10. Une nuit à l'hôtel peut être une solution moins onéreuse après une porte claquée.

Le 1er et les 2 derniers conseils me semblent les plus pertinents, personnellement je les ajouterai bien à ma liste à établir selon le second conseil. 

La DGCCRF a mis à disposition sur son site affiche et flyer : utilisez les mêmes procédés, affichez les, parlez en lors des assemblées pour partager l'alerte. 
Si la DGCCRF s'en soucie, c'est que les arnaques sont conséquentes et que bon nombre d'entre nous se sont fait avoir ou seront victimes de leurs méfaits. 
L'escroquerie ne portera pas sur quelques euros mais se comptera en milliers d'euros (cf. le dessin de leur campagne, c'est bien un chèque de 10000 euros que l'intervenant emporte en courant) : devoir changer de porte ou refaire l'installation électrique suite à une intervention qui aurait pu se faire en 5 minutes semble courant. 

Le phénomène n'est pas récent, de tous temps des margoulins ont porté préjudice à nos artisans, j'ai en mémoire il y a près de 40 ans l'anecdote où des plombiers coulaient de la colle dans les WC pour aggraver une descente bouchée et imposer un remplacement de l'ensemble. Les meilleurs se déplaçaient même avec une machine à carte bleue (les fameux "fer à repasser") pour éviter que les conjoints en rentrant essayent de bloquer les chèques auprès de leurs banques. 
La technique n'est donc pas récente, c'est le marketing qui a changé : beaucoup plus efficace et d'une diffusion à grande échelle.

Quand on s'est fait avoir comme un bleu, on n'aime pas en parler et partager l'expérience. 
C'est donc un sujet tabou qu'il convient de traiter avec les mêmes armes, les réseaux sociaux permettent de diffuser largement l'information, ne vous en privez pas.

Dans tous les cas, détruire systématiquement les plaquettes, en parler avec les voisins, par exemple lors de l'assemblée de copropriétaires, permettra d'établir un plan d'action pour limiter les risques, voire établir une liste de numéros pérenne. 

Liens utiles :

L'affiche à mettre en évidence dans votre entrée d'immeuble
Le flyer à déposer dans les boîtes aus lettres

(*) Peut-être aurais-je pu faire un article avec photos des affichages sauvages les plus improbables ? Idée à développer mais sans toutefois en faire la promotion donc en effaçant les numéros utiles...

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